On va dans le mur… d’escalade ?

L’expression « Aller dans le mur » s’applique à merveille à ce qui est en train d’arriver à notre monde avec l’effondrement environnemental. Et chacun sait qu’on aurait pu l’éviter si on avait réagi plus tôt. Mais parler d’un mur et se flageller sur ce que l’on n’a pas fait n’est pas très constructif. Pourquoi ne transformerions-nous pas ce mur, au moins partiellement, en mur d’escalade ?

Ce n’est pas si difficile.

Il faut d’abord reconnaitre que d’innombrables initiatives existent pour se préparer. On les trouve dans des films ou des documentaires, comme Demain, dans des magazines comme Usbek et Rica ou WEDEMAIN, dans des séries comme tous les grands journaux en produisent. Regarder et valoriser les multiples efforts qui sont poursuivis montre à tout un chacun qu’il y a des choses à faire plutôt que de se désespérer du mur en face de nous. L’énergie que déploient de nombreux entrepreneurs, savants, agriculteurs, éleveurs, responsables locaux, voire bricoleurs et les résultats qu’ils obtiennent sont tels qu’il est évident que des solutions émergeront pour s’adapter au nouvel environnement. De même les zélotes de la frugalité apportent chaque jour de nouvelles solutions pour moins ou mieux consommer. On sait qu’ils font partie de la solution. Même les techno solutionnistes ne sont pas à négliger. Certes ils tablent souvent sur des technologies dont on ne connait pas encore la date d’apparition ni même si on les verra un jour, comme la fusion nucléaire ou les bactéries mangeuses de plastique. Mais qu’importe, mille solutions techniques apporteront leur lot de solutions. Les éoliennes ou les panneaux solaires sont des solutions bien réelles. Toutes ces initiatives ne sauveront peut-être pas le monde mais elles contribueront à retarder la catastrophe ou à améliorer la transition.

Il est évident que nous avons besoin d’un nouveau récit pour voir le futur du monde en positif, sans que cela soit utopique ou dystopique. Ce discours est difficile à établir tant celui de l’Ancien Monde est encore dominant et tant la multiplicité des enjeux rend la perception du Nouveau Monde difficile, voire anxiogène. Cela ne doit pas empêcher de s’y atteler. En réalité ce récit existe déjà à travers toutes les initiatives mentionnées plus haut. Le fleuve se compose de multiples rivières. Les sociologues savent qu’il est un moment dans une société où les marges font basculer l’ensemble d’un système social. Monsieur Trump a beau être climatosceptique, la plupart des pays de l’ONU savent bien qu’il faut agir et se mobilisent. Il doit en être de même pour chacun de nous. Voyons les initiatives, les mouvementspositifs, valorisons-les. C’est plus facile à faire que d’essayer d’affronter frontalement les tenants de l’Ancien Monde, les gaspilleurs d’énergie, les gardiens d’un vieux temple. Mieux vaut construire les nouveaux temples, montrer la force et le potentiel des initiatives progressistes.

Oui, il y a un mur devant nous, faisons-en un mur d’escalade !